Transformation de société : adapter la forme sociale à l’évolution de l’activité
La vie d’une société n’est jamais figée. Croissance de l’activité, arrivée de nouveaux investisseurs, évolution de la gouvernance ou adaptation du modèle économique : autant de facteurs susceptibles de rendre la forme sociale initialement choisie inadaptée.
La transformation devient alors un outil stratégique permettant de faire évoluer la structure juridique de la société sans création d’une nouvelle entité. Encore faut-il en comprendre les conditions de mise en œuvre ainsi que les conséquences pour les associés, le capital et l’organisation de l’entreprise.
Qu’est-ce qu’une transformation de société ?
Lors de la constitution d’une société, les associés fondateurs choisissent la forme sociale sous laquelle l’activité sera exercée. La transformation consiste à modifier cette forme juridique sans entraîner la disparition de la personnalité morale de la société, à la différence d’une dissolution suivie d’une liquidation.
La transformation peut également résulter d’une obligation légale lorsque la société ne respecte plus certains critères essentiels attachés à sa forme sociale. Tel est notamment le cas des sociétés à responsabilité limitée lorsque le nombre d’associés dépasse le seuil légal de 100.
Comment effectuer une transformation de société ?
La transformation de la société suppose nécessairement une décision collective prise en assemblée générale extraordinaire. Les associés ou actionnaires doivent être réunis afin de se prononcer sur l’opportunité de l’opération et sur ses conséquences juridiques, financières et organisationnelles.
Lorsque la nouvelle forme sociale envisagée est une société par actions, la désignation d’un commissaire à la transformation est obligatoire. Celui-ci est chargé d’établir un rapport conformément aux dispositions de l’article L.224-3 du Code de commerce.
Il convient également de vérifier en amont que l’ensemble des conditions propres à la nouvelle forme sociale sont réunies, certaines structures étant soumises à des exigences spécifiques.
À titre d’exemple, la société anonyme requiert un capital social minimum de 37 000 euros, la société en nom collectif impose que les associés aient la qualité de commerçant, tandis que la société d’exercice libéral à responsabilité limitée (SELARL) est réservée aux professionnels exerçant une profession libérale réglementée.
Une fois la transformation réalisée, les statuts de la société doivent être modifiés en conséquence et un avis de transformation doit être publié dans un journal d’annonces légales.
Quelles sont les incidences de la transformation sur la société ?
La transformation d’une société emporte plusieurs conséquences affectant différents aspects de sa vie juridique et économique.
- L’impact de la transformation sur les associés
La transformation peut entraîner une modification de la nature des titres détenus, les actions pouvant être converties en parts sociales ou inversement.
Elle peut également avoir une incidence sur le régime de responsabilité des associés, ainsi que sur les règles de majorité applicables, lesquelles varient selon la forme sociale adoptée.
- L’impact de la transformation sur les dirigeants
L’achèvement de la transformation entraîne la disparition des organes sociaux propres à l’ancienne forme sociale, ce qui implique la cessation des mandats en cours, sans que les dirigeants puissent s’y opposer, sauf démonstration d’une transformation opérée dans un but frauduleux.
Le régime social applicable aux dirigeants est également susceptible d’être modifié du fait de la nouvelle forme sociale, ce qui impose une vigilance particulière lors de la réorganisation de la gouvernance.
- L’impact de la transformation sur les tiers
À l’égard des tiers, la transformation n’est opposable qu’à compter de l’accomplissement des formalités de publicité. En cas d’adoption d’une forme sociale à responsabilité illimitée, les créanciers antérieurs peuvent se prévaloir de cette nouvelle responsabilité.
Inversement, lorsque la société adopte une forme à responsabilité limitée, les créanciers dont les créances sont nées antérieurement, à une époque où la responsabilité des associés était illimitée, conservent le bénéfice de cette garantie.
- L’impact de la transformation sur la fiscalité
Sur le plan fiscal, la transformation est qualifiée d’opération intercalaire, en ce qu’elle n’entraîne, en principe, aucune imposition immédiate.
Toutefois, lorsque la société était initialement soumise à l’impôt sur le revenu et opte, à l’occasion de la transformation, pour une forme sociale relevant de l’impôt sur les sociétés, l’imposition des bénéfices et plus-values latentes devient immédiatement exigible, sous réserve des exceptions prévues par la loi.
Il est donc indispensable d’anticiper cet impact fiscal avant d’engager une opération de transformation.